L’exploitation économique des enfants est une violation de leur droit à l’éducation

Au Bénin, il est de plus en plus constaté que bon nombre d’enfants sont exploités comme vendeurs ou apprentis dans les ateliers de travaux manuels, plutôt que d’occuper la place qui leur revient dans les écoles. Une enquête réalisée en 2013 par l’INSAE révèle que 7.882 enfants sont en situation de travail dans les trois grands marchés du Bénin dont 78% de filles et 46% de moins de 14 ans.

Sous le soleil ardent ou dans des pluies à même de rendre malade, on les voit en train de sillonner la ville, en passant de ruelle en ruelle, de marché en marché, parfois affamés, avec de lourds plateaux de marchandises au-dessus de la tête. D’autres sont pris de gré ou de force dans les ateliers de mécanique, de soudure, de menuiserie, ou sur des chantiers de maçonnerie, etc. Le comble, c’est que ces enfants sont majoritairement âgés de moins de quatorze ans et déjà sont tenus de faire des choses qui dépassent leur force physique tout autant que leur âge.

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Crédit : : thedailybeast.com

Cette situation illustre sans l’ombre d’un doute de nombreuses violations graves aux lois qui régissent le travail des enfants, et plus encore constitue une entorse à leur droit à l’éducation. En effet, la condition sine qua non pour qu’un enfant devienne apprenti est d’avoir tout au moins 14 ans. Un point de vue que vient corroborer l’article 223 du Code de l’enfant qui précise qu’ « avant d’être admis en apprentissage, l’enfant doit : –  être âgé d’au moins quatorze (14) ans ; –  avoir fini les cours de l’enseignement primaire… ».

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Crédit : Argoul

Ainsi donc, en plus de l’âge, les enfants apprentis doivent avoir obtenu leur Certificat d’Etude Primaire, une autre condition que ne remplissent manifestement pas les enfants exerçant l’apprentissage auprès des patrons d’atelier. Aussi faut-il le rappeler, cette dernière condition est non-négociable dans la mesure qu’elle reprend l’article 113 dudit code qui rend obligatoire la scolarisation des enfants et va jusqu’à disposer que « Les parents ont l’obligation d’inscrire leurs enfants à l’école sans aucune forme de discrimination. »

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Crédit : UnicefBénin/Facebook

En somme, si tout le monde s’accorde sur ce que l’Etat béninois a pris acte de l’article 114 du Code en rendant exécutoire la mesure de gratuité des enseignements maternel et primaire à la grande satisfaction des parents aux moyens moindres, il est clair aussi qu’il reste des efforts à faire.  Tous ceux qui empêchent les enfants d’aller à l’école et tous ceux qui prennent en apprentissage les moins de 14 ans devraient se voir imputer de grosses amendes et en cas de récidive être mis aux arrêts. Laisser les enfants aller à l’école devrait être le devoir essentiel des parents pour ne pas mettre en péril l’enfance et l’avenir de ces douces âmes. Tous, nous devons dire « Non au travail des enfants » !

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Crédit : UnicefBénin/Facebook

Emmanuel Ganse

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