« La Police de la Population » ou quand les belles-lettres épousent un homme en uniforme

Mardi après-midi. Il est 15 H 15 quand je fais mon apparition à la mairie d’Abomey calavi, l’indication reçue était claire et précise : « quand tu rentres, premier bâtiment à ta droite ». Sans difficulté, je me dirigeai vers ce lieu d’où venait une musique que j’avais assez entendu et fredonné ces derniers temps « Yin kô tché » (Mon nom) de l’artiste béninois Nikanor. « Ca s’annonce bien sans doute » je fis.

Une entrée triomphale promesse de bons moments à venir

C’est quand à l’entrée de la salle qui abritait l’événement je vis un groupe de policiers composées de charmantes dames, aux sourires pétillants me souhaiter de concert la bienvenue que je compris que je n’étais pas n’importe où et qu’il doit s’agir de l’événement d’un gradé de la hiérarchie militaire. Encore plus intéressant pour moi qui affermis ma démarche pour me montrer à la hauteur de ce chaleureux accueil.

Quelques minutes plus tard, la salle était grouillante de monde. C’est un rendez-vous littéraire, un livre était à l’honneur et des personnalités venues de divers endroits, membres du corps armé, organisations de la société civile, enseignants, chercheurs et journalistes étaient venus suivre de près la naissance d’une plume dont le porteur est assez respecté pour son grand niveau intellectuel et la qualité de ses œuvres. C’est d’ailleurs ses frères d’armes qui ont planifié toute l’organisation avec lui.

Le lancement du livre proprement dit

C’est l’arrivée du maire de la commune Georges Bada dans la salle qui va marquer le début de la cérémonie pour la sortie du nouveau bébé de la chaine du livre. C’est alors qu’il nous était donné de voir l’heureux du jour, dressé dans son uniforme de la police républicaine, tout sourire, homme de haute stature avec son béret en main, fière allure, épaulette soigneusement en place : c’est le Capitaine de Police Dénis Syindé SABO.

Quelques minutes après la mise en place du panel, le Maître de Cérémonie a mis l’ouvrage préfacé par le Général de Police Abassi I. ALE à la barre. Son avocat, c’est le très respecté professeur et auteur Placide CODJO, un émérite de la grammaire normative. Le socle de sa plaidoirie, c’est la présentation du livre à l’honneur. Le citoyen littéraire s’est délecté de ses mots qui en substance présentaient l’ouvrage comme un élément catalyseur de la nécessité du rapprochement entre la police et la population.

Placide CODJO

 Et c’est là la « substantifique moelle » à extraire de cette cérémonie de lancement qui a vu intervenir plusieurs personnalités qui ont partagé leurs expériences sur le sujet abordé dans le livre. Un essai qui traite de la déontologie policière, de la coproduction de la sécurité et de la prévention de la délinquance. Et comme l’a dit le professeur Codjo Placide « Non seulement l’ouvrage est utile pour chacun de nous, mais aussi pour la police et pour sa hiérarchie. Nous avons besoin d’être informé pour agir en citoyen et c’est la chance que nous offre cet ouvrage qui permet de connaître les contributions du citoyen à la police ».

Entre éloquence et grand sérieux, une invite au « vivre-ensemble »

A sa suite, l’honneur a échu à l’heureux du jour de prendre la parole pour parler de son livre, pour dire les déboires qui l’ont conduit à se lancer dans cette entreprise  et de préciser comment il est venu aux conclusions tirées de son sondage pour comprendre ce qui dégrade les relations entre les populations et la police. « L’ouvrage propose un cadre de concertation et d’échanges entre la police et la population. Cette dernière ne devrait adopter aucun comportement de nature à porter atteinte à la mission de la police. C’est le moment, chère population de comprendre que la police n’est pas votre bourreau, mais votre protecteur. » a-t-il laissé entendre dans ses propos liminaires.

Le Capitaine SABO est dense. Il est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de police de Saint Cyr Au Mont d’Or en France, titulaire de deux masters respectivement en Droit Pénal et Sciences Criminelles à l’université Jean Moulin Lyon 3 en France et en gestion des ressources humaines à ISM Adonaï au Bénin… Et c’est cet homme qui a pondu la merveille.

Le capitaine Dénis SABO

Le Maire Georges BADA, un mécène révélé

Par ailleurs, le parrain de cette cérémonie de lancement est le maire de la commune d’Abomey-Calavi qui dans ses propos liminaires a rappelé son adhésion à l’initiative avec un accent ponctué sur le fait qu’ « aujourd’hui, il doit avoir plus de familiarité, de convivialité et de rapprochements entre la police et les citoyens. » Pour le premier élu communal, les deux doivent fumer ensemble le calumet de la paix. C’est pourquoi il a pris 15 exemplaires du livre pour chacun des arrondissements, ses deux adjoints et ceux qui voudraient bien aussi.

M. Georges BADA

Diverses manifestations culturelles ont meublé cette cérémonie de lancement telles que les groupes d’orchestre traditionnel qui ont donné aux invités le droit de suivre une prestation originale où des femmes ont esquissé de magnifiques pas de danses et les hommes (policiers parmi eux) ont dansé à l’image du très réputé ALEKPEHANHOU et d’autres illustres de la musique tradi. AKON HOUN (danse qui consiste à se battre la poitrine à un rythme bien cadencé) en live.

L’épilogue qui annonce les bonnes couleurs

In fine, cet événement culturel a réuni aussi des férus de littérature et bien d’écrivains et promoteurs du livre comme Tanguy AGOI. Ce fut un grand moment de joie et de partage au cours duquel le capitaine a profité pour lancer des messages forts à dessein d’inviter chacun à s’impliquer dans l’appareil sécuritaire. Les activités prévues à l’ordre du jour ont pris fin par une collation précédée d’une vente de soutien où les invités se sont prémunis du livre au prix de 10 000 FCFA. Le livre est désormais disponible en librairie à 3 500 FCFA et mérite d’être lu par tous jusqu’au Béninois du dernier kilomètre.

Prenez le rendez-vous très prochainement pour découvrir ma chronique sur cet essai qui porte sur une cause chère à tous les cœurs : la sécurité publique.

Emmanuel GANSE, le Citoyen littéraire

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